Svein Hjorth-Jensen

ÉCLATS D’ÉMAIL

Svein Hjorth-Jensen, une démarche.

Venu de Norvège, Svein Hjorth Jensen est arrivé à La Borne il y a bientôt cinquante ans. Pendant une vingtaine d’années, il travaille essentiellement à une production de poteries de grès cuites au bois, des pièces utilitaires, pichets, assiettes, contenants pour la table, marqués par des évolutions successives ayant toujours comme point commun une affinité avec l’esthétique.

Au terme de ces deux décennies, il ressent fortement le besoin d’un renouveau et l’appétit pour la couleur s’éveille en lui. Il entame une nouvelle étape créative, une sorte de rupture avec un passé marqué par le grès. Il fait l’acquisition d’un four à gaz et se lance dans l’exploration de l’univers des émaux.

À cette époque-là, je me sentais plutôt comme un coloriste que comme un interprète de la matière brute, dit-il pour définir son état d’esprit au début de cette nouvelle étape de sa vie.

Le monde des émaux est riche et complexe, rempli de surprises. Associer un émail à un autre, donne un résultat, mais peut donner un résultat différent si on varie, même légèrement, un seul paramètre. Les superpositions, les densités, les épaisseurs, les transparences, les associations et les contrastes de matières et de couleurs recèlent des possibilités infinies. Le mode de cuisson ajoute encore aux possibilités ; si je cuis en oxydation, je peux créer une vaste gamme de rouges, si je cuis en réduction, je crée une autre palette de bleus et de noirs. Des possibilités infinies, c’est bien le mot.

Avant chaque cuisson, Svein Hjorth Jensen s’engage dans une série de recherches et d’essais en testant chaque émail ou assemblage sur un témoin, avant de tenter la cuisson des pièces qu’il a réalisées. Le travail de création avec les émaux représente un long investissement en exploration, en temps passé, en expériences, qui se compte en années.

Dans ses recherches de formes, ses références sont picturales et dépendent de la maitrise des émaux, mais d’autres ressources viennent de l’observation de la nature. Je suis sensible à une toile d’Alechinsky, à un idéogramme chinois ou japonais tracé au pinceau, le détail d’une photo, l’écorce d’un arbre, la silhouette d’un arbre en fleurs se détachant sur le ciel… On retrouve ces motifs dans ses pièces tournées ou travaillées à la plaque, grands plats, décors muraux, décor de la table. 
Je regarde autour de moi, je puise mes images dans la nature plutôt que dans les livres, aime-t-il à dire….

Jean-Pierre Gilbert.

 

Exposition du 31 août au 8 octobre 2019.
Vernissage le samedi 31 août de 18h00 à 21h précédé d’une rencontre avec l’artiste à 17h.

Ouverture tous les jours :
de 11h à 19h jusqu’au 15 septembre
de 11h à 18h à partir du 16 septembre