17.10 – 24.11

CORPS A CORPS
Brigitte Pénicaud

Comment j’existe dans la terre ?
C’est la recherche d’une relation intime, libre, entre le volume et la couleur.

Corps à Corps

Tout est dans le geste, accueillir ce qui vient, être dans le «non faire», jouer avec les
accidents, les provoquer, faire le vide, se laisser guider par la matière, par la couleur.
Pages blanches, y poser une tâche, laisser le pinceau courir au bout de mon bras, de ma
main, de mes doigts, je ne décide rien, je propose.
C’est mon voyage ; dans les ciels sublimes, désordonnés; dans ce jardin, dans tout ce
qui m’entoure; les yeux grands ouverts.
Une invitation aux rêves.

ILLUSION !
Jean Guillaume

Jean Guillaume donne à ses sculptures un minimum d’éléments permettant de générer une histoire. Elles sont donc figuratives, bien que la femme, l’homme ou l’animal ne soient pas représentés de manière réaliste. Les corps sont simplifiés, tendent parfois vers une géométrisation des volumes, sans motifs de décor, sans couleurs excessives, sans détails superflus. Soit ils se dressent droits, fiers et statiques, soit ils sont en mouvement et particulièrement en d’étranges équilibres. En effet, une autre caractéristique des créations de Jean Guillaume, comme de sa personnalité, est l’humour, souvent issu de jeux de mots et de calembours, qu’il traduit dans l’argile par des assemblages de formes d’origines diverses, parties de corps, objets ayant changés de fonction. Auparavant, il a donné vie à des objets du quotidien, telles les Marmites espionnes au visage surgissant sous le couvercle, ou les pichets marcheurs, courant sur deux pattes. Dans les absences de précision des habits, des chevelures ou des expressions, l’imagination du spectateur trouve une place à combler, tout comme dans la recherche d’une explication à la situation offerte. Jean Guillaume supprime souvent le tronc, il crée ainsi des personnages en marche, composés de pieds, de jambes et de mains actives, ou simplement d’une tête sur pieds. Nulle atrocité dans ces mutilations, ces nouveaux êtres sont sereins et moins terrifiants que leurs illustres ancêtres, œuvres de Jérôme Bosch.

L’homme composé d’une tête coiffée d’un bol, en équilibre sur deux jambes accrochées à l’emplacement des oreilles, et dont un reste de corps semble s’envoler à l’horizontale, est décliné en plusieurs sculptures de taille différente. Le visage blanc, inexpressif et plat, au seul nez saillant, à la bouche discrète et fermée, pose un regard fixe, droit devant. La pupille est un petit trou ou un gros rond noir entouré du bleu turquoise qui recouvre également ses vêtements. Ce bleu turquoise et le rose -des engobes- sont les deux couleurs vives qui s’opposent au blanc et aux bruns nuancés du grès brut cuit au bois. Toutes les couleurs sont mates afin de ne pas renvoyer la lumière qui perturberait la lecture des volumes.

Les plus récentes sculptures ici exposées, qui sont issues de la dernière cuisson lors des « Grands Feux » d’octobre 2019, représentent soit des mains, soit des visages. Les mains sont anguleuses comme taillées au couteau dans une argile déjà ferme. Elles sont ouvertes ou refermées sur un bol, sur une énigmatique barre bleue ou sur elle-même. Les têtes sans cous, sans oreilles, chauves, sont des volumes ovalisés comme un galet qui privilégient uniquement la face réduite elle aussi au minimum : un nez pointu, une petite bouche aux lèvres pincées, mais les yeux ouverts, seuls témoins d’un hypothétique mouvement, en regardant à gauche ou à droite, et d’une éventuelle expression de soumission, de passivité. Ces têtes, sont collées, superposées en diverses orientations ; deux ou trois petites s’enroulent autour d’une ou deux plus volumineuses, c’est La famille, parents et enfants, anonymes et asexués. Les yeux questionnent en se regardant mutuellement, ou  certains, au contraire, sont tournés vers l’extérieur. A partir de là, l’histoire reste à imaginer. Ces têtes oblongues, aux couleurs minérales, suggèrent également un amoncellement de pierres, un retour de la terre à ses origines, mais aussi un clin d’œil aux rochers sculptés bretons.

Jean Guillaume dessine, croque ses idées et choisit celle qui lui donne l’envie de sa transposition en volume. Après la mise au point d’une maquette, il commence la pièce finale. Il veut s’étonner et étonner celui qui regarde. Il est un adepte des double sens. Il est influencé par l’illustration des dessinateurs de presse du XIXè, notamment Grandville qui, par le trait, donne la parole aux images. Mais Jean Guillaume n’a pas de message, il capte l’attention du spectateur, lui suggère un titre, qui nomme en fait toutes les sculptures réalisées sur le même thème, et laisse sa fantaisie inventer l’avant ou la suite de la situation du personnage sculpté.

Jean est un inconditionnel de la cuisson au bois, il aime les contraintes des préparatifs, la coupe, le fendage du bois comme la précision de l’enfournement. Puis il vit la cuisson elle-même comme un moment d’exception pour la magie du feu, la transformation de la matière, la fusion, l’odeur, les crépitements du bois… et bien évidemment, il en aime le résultat, les nuances de matières et de toucher, les contrastes de couleurs tempérés par les cendres et les effets de la réduction de cuisson dans le four de type Sèvres. Jean reste attaché aux techniques apprises auprès de Françoise Bizette puis de Jean et Jacqueline Lerat, d’excellents enseignants qu’il n’a pas oubliés.

Cette exposition d’une quinzaine de sculptures dans une mise en scène originale propose une nouvelle appropriation de l’espace Carte Blanche et questionne l’Illusion.

 

PERMANENCE ARTISTIQUE
Association Céramique La Borne

Cette expositions est conçue par les membres de l’Association Céramique La Borne (ACLB) en écho au programme d’expositions temporaires. Tout au long de l’année, découvrez la diversité des pratiques artistiques traditionnelles ou contemporaines, sculpturales ou utilitaires des membres de l’ACLB.

Les artistes :

Céline ALFROID-NICOLAS, Éric ASTOUL, Jean-Luc BELLEVILLE, Françoise BLAIN, Laurence BLASCO MAURIAUCOURT, Jeltje BORNMAN, Patricia CALAS-DUFOUR , Fabienne CLAESEN, Dominique COENEN, Isabelle CŒUR, Nicole CRESTOU, Suzanne DAIGELER, DALLOUN , Stéphane DAMPIERRE , Bernard DAVID, Corinne DECOUX, Ophélie DEERELY, Rachid DJABELA, Claude GAGET, Agnès GALVAO, Dominique GARET, Laurent GAUTIER, Geneviève GAY, Pep GOMEZ, Frans GREGOOR, Catherine GRIFFATON, Jean GUILLAUME, Claudie GUILLAUME -CHARNAUX, Viola HERING, Roz HERRIN, Svein HJORTH-JENSEN, Jean JACQUINOT, Pierre JAGGI, Anne-Marie KELECOM, LABBRIGITTE, Daniel LACROIX, Jacques LAROUSSINIE, Dominique LEGROS, Christine LIMOSINO-FAVRETO, Claire LINARD, Guillaume M0REAU, Machiko HAGIWARA, François MARECHAL, Joel MAROT, Elisabeth MEUNIER, Maya MICENMACHER-ROUSSEAU, Francine MICHEL, Isabelle Marylène MILLERIOUX, Isabelle PAMMACHIUS, Nadia PASQUER, Christine PEDLEY, Lucien PETIT, Jean-Luc PINCON, Charlotte POULSEN, Françoise QUINEY, Michèle RAYMOND, Anne REVERDY, Sylvie RIGAL, ROCHINA Alicia, Lulu ROZAY, Hervé ROUSSEAU, Nicolas ROUSSEAU, Karina SCHNEIDERS, Georges SYBESMA, Diane TRUTI, Jean-Pol URBAIN, Nirdosh Petra VAN HEESBEEN, Claude VOISIN, David WITHEHEAD, Seungho YANG.

Expositions du 17 octobre au 24 novembre 2020

Notre rendez-vous traditionnel de vernissage est remplacé par trois rencontres avec les artistes, proposées sur réservation (nombre limité de places) :
Samedi 17 octobre à 15h et 17h
Dimanche 18 octobre à 11h30

Ouverture tous les jours :
De 11h à 18h