ÉRIC ASTOUL

SUITES RÉCENTES

Né en 1954 à Casablanca « J’ai mes papiers… », d’origine vendéenne, je passe mon enfance dans le Midi. Après une formation de mouleur à Castelnaudary (1973 -1976) , je me fascine pour le tournage abordé en autodidacte et me forme dans différents ateliers, notamment à Saint Amand en Puisaye et à La Borne. Je m’installe à La Borne en 1982, départementale 22, et choisis de travailler les grès nus et cuits au bois en connexion avec l’histoire potière du village.
Puis des voyages − Maroc, Togo, Mali, Egypte, Japon , Grèce, Corse − nourrissent mes inspirations.
Cuisson après cuisson, je choisis de créer des pots volontaires mais assez classiques, d’une sorte d’élégance simple à travers le vase. Attentif aux détails d’un bord, d’un col ou d’une échancrure, le contenant se décline comme prétexte à réinterprétation : cylindre enflé, ovoïde percé, bol géologique enchâssé. Au fil des explorations, mon vocabulaire de terres et de feux semble ainsi détourner le pot de sa fonction. Dans cette continuité s’ajoute tout naturellement vers 2005 une approche clairement sculpturale.

À l’atelier, j’accepte de me laisser surprendre en renouvelant les techniques de façonnage par période. Elles influent les expressions, le style des pièces, selon qu’elles surgissent du tour, se révèlent à travers la plasticité de plaques d’argile, par collage ou assemblage, sont extirpées d’une masse d’argile molle, ou récemment, moulés. Avec l’aide de cuiseurs pyromanes, mes expérimentations des cuissons longues sont menées chaque année. La cuisson bois apporte comme un souffle de vie sur les céramiques.

Avec « Suites Récentes 2014 », je me questionne sur un autre mode de cuisson et sur des jeux de nouvelles séries dans la contrainte de moulages, revisitées, quelques fois déstructurées, des sortes de culbutos, de bouées de sauvetages, de carcasses, de coques décolorées. J’use de seaux d’engobes, de vieux pinceaux gorgés d’émaux et de jaunes, de gribouillis impolis.

Aussi par contraste je renoue avec un informel expressionnisme à travers la plaque plissée librement, comme suite à un travail de 2005 puis 2011 pour l’exposition « un peintre et un céramiste » au Centre Céramique de La Borne mais cette fois spécifiquement céramique. Une série de récents morceaux qui semblent habités et en apesanteur… Aux pas de « bachata » sur des rythmes chauds ?

Éric Astoul

 

L’exposition en image

Exposition du 1er mai au10 juin 2014
Vernissage le samedi 3 mai de 18h30 à 21h.
Rencontre avec l’artiste le samedi 3 mai à 17h. 
Ouverture tous les jours de 11h à 19h.