Restitution Résidences D’artistes

Méditation
Une exposition de Zhuo Qi et Georges Sybesma

 Zhuo Qi s’est intéressé à La Borne pour la commu­nauté de céramistes qui l’anime, mais aussi pour la nature et les forêts de charmes, de hêtres, de chênes entourant le village. Sensible à cette nature délicate, masse ombreuse sur laquelle se joue la lumière, à cet espace végétal si nuancé et si éloigné des zones urbaines dans lesquels il a grandi dans son enfance en Chine, Zhuo Qi a choisi de travailler sur une pièce évoquant l’image d’un instant paisible, suspendu, la suggestion d’un paysage quasi au bord du déséqui­libre et de la chute.

Quand il postule aux Résidences La Borne, Zhuo Qi raconte la façon dont les malentendus et les incompré­hensions ont nourri miraculeusement sa démarche d’heureux hasards. Enrichi d’échanges sémantiques et culturels, son travail joue sur les oppositions de sens et d’images générés par des situations incongrues, toujours sources d’émerveillement et d’amusement.

Il décide de travailler à partir d’un objet emblématique de la production du potier. Ce sont les généreuses jarres peignées de larges sillons tournées par le céramiste Georges Sybesma qui constituent le point de départ du travail à partir d’une scène paisible inscrite dans l’imaginaire domestique de tous. Il s’agit du bouquet de fleurs érigé sur la table, image autant révélatrice de l’art de vivre occidental que du foyer rassurant où s’organisent les tâches ménagères.

C’est quand le vase tombe au sol et se casse que Zhuo Qi anime son univers avec un plaisir non dissimulé. Les fleurs s’éparpillent, saisies dans le mouvement du fracas. Celles dont les tiges et les feuillages demeurent intactes se dressent depuis le sol, brandissant verticalement des vases retournés. La scène est tendue, aussi drôle et dramatique que contemplative.

 

Exposition de Cécile Nogues et Charlotte Poulsen

La restitution des productions de Charlotte et Cécile Noguès se présente sous la forme d’un choix de pièces réalisées dans le cadre d’un partage de production.

Elles investissent l’espace carte blanche du Centre céramique contemporaine La Borne.

 

RENCONTRES :

 samedi 13 octobre 17h : “Du Chaos à l’informe”, conférence de Leïla Simon, commissaire d’exposition.

Contrarier les formes traditionnelles ou habituelles pourrait relier les résidences de Cécile Noguès et Zhuo Qi. En 1951, Michel Tapié désigne l’informel comme étant un mouvement pictural où l’artiste et la matière sont libres. Les artistes souhaitent également se confronter aux imprévus liés à la matière. De l’informel il en est souvent question dans la céramique compte-tenu de ses qualités plastiques. De nombreux céramistes ou artistes se sont intéressés à cette notion. Cette matière aux potentiels si variés peut être, si on le souhaite, domptée (à condition bien évidemment d’en maîtriser les savoir-faire). On peut aussi jouer avec le fait que la forme, le résultat final puissent nous échapper. C’est ainsi que les cuissons au feu de bois vont jouer un rôle important à l’instar de l’émail ou du corps comme outil.

 Leïla Simon est commissaire d’expositions et critique d’art. Depuis 2011, elle co-dirige l’Espace d’art contemporain Les Roches et écrit aussi bien pour des catalogues que pour des revues d’art. Elle est membre du conseil d’administration de C-E-A (Commissaires d’exposition associés). Elle dirige le Post-diplôme Kaolin 2017 – 2018 de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges. Cette même année elle rejoint le comité rédactionnel de la revue Possible.

 

Exposition du 13 octobre au 20 novembre 2018
Vernissage le samedi 13 octobre à 18h.

Ouverture tous les jours de 11h à 18h .

Les résidences d’artistes à La Borne

Sous l’impulsion de l’État, de l’Association céramique la Borne et de la Communauté de Communes Terres du Haut Berry, le projet des résidences de création céramique a vu le jour dans l’idée de créer une dynamique de développement et de rayonnement de la production céramique de La Borne.

Dans le prolongement du renouveau qu’a pu connaître ce village traditionnel de potiers au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans les années 1970 grâce à l’arrivée d’artistes d’horizons différents, le projet des Résidences La Borne souhaite stimuler un partage des savoirs, des expériences et des techniques de la Borne. Il favorise ainsi la venue d’artistes de tous horizons invités à collaborer avec des artistes, céramistes et potiers de La Borne dans le but de développer un projet commun de coréalisation d’oeuvres.

Le projet des Résidences La Borne favorise des démarches expérimentales qui investissent ce patrimoine culturel existant autant qu’elles expérimentent techniquement et conceptuellement les enjeux de l’art céramique aujourd’hui.