Sylvie Enjalbert

Vide & Plein

 

Mes pots sont comme des résonances, traductions de palpitations originelles et universelles. Ce sont
des évocations de pots : les pots anciens contenaient de l’eau, des graines, ils servaient à stocker, à
conserver ou cuisiner, ils contenaient une nourriture. Les pots que je façonne me nourrissent à la
source de ce que je suis. Ainsi un dialogue peut s’instaurer entre l’objet courant et l’objet artistique.
A la surface de mes pots apparaît un mouvement crée par l’empreinte de mon pouce, comme de
petites vagues. De cet aspect irrégulier de la pièce se dégage une âme particulière qui vient de
l’empreinte, sentir cette humanité, cette chose simple de la trace du doigt, comme un mouvement de
vie. Mes créations portent en même temps des résonances immémoriales et contemporaines dans
une quête d’universalité. Toujours partout, la terre, la main, le pot.
Par un travail lent et méticuleux, je cherche à atteindre une forme d’une apparente simplicité, une
forme comme une évidence. Une évidence qui supprimerait toute idée d’appartenance à une culture
un continent, une époque. La forme peut être vite contrariée. La recherche de l’équilibre se fait sur
la base du pot et se poursuit sur la ligne. Chaque petite anse, chaque petite arête que je peux rajouter
a un sens. La forme autorise ou non ces ajouts. Un détail peut rompre l’harmonie d’un pot ou au
contraire la sublimer.
Pour Sylvie Enjalbert, le contenant est un corps dont la peau appelle la lecture directe du toucher,
cette autre manière de se rencontrer. Sur la terre nue, les pores de chamottes vibrent. Ses pièces
sont pleines de temps que la céramiste passe à les lisser et étirer à l’estèque, un temps vécu comme
une phrase: celle-ci s’ouvre le matin par le pétrissage d’une boule de terre que creuse ensuite son
pouce et se ferme le soir, au moment où le soleil achève sa course sur la vallée de la Neste, dans la
contemplation du travail accompli, soutenue par la sensation calme «d’avoir donné tout ce que l’on
pensait bon de donner».

 

Pascale Nobécourt . La REVUE de LA CERAMIQUE et du VERRE N°201,
mars-avril 2015

Exposition du 21 juillet au 21 août
Vernissage le samedi 21 juillet à 18h précédé d’une rencontre avec l’artiste à 17h.
Ouverture tous les jours de 11h à 19h.

Pendant le mois d’août, visites accompagnées le samedi et le dimanche à 14h30 et 16h30.